L'HISTOIRE DE "N" DE CHARLIE CHAPLIN [Positif (France)]

Cenciarelli, Cecilia
L'histoire des films perdus, inachevés ou non tournés se déroule en parallèle à l'histoire du cinéma elle-même, depuis 4 Devils de F.W. Murnau, un des plus recherchés, à la troisième partie d'Ivan le Terrible par Sergueï Eisenstein, ou l'adaptation par Michael Powell de La Tempête (pour lequel il avait plusieurs versions du scénario et un casting impressionnant). Il y a les films qui n'ont jamais été réalisés parce que leurs réalisateurs sont décédés (l'adaptation de Nostromo par David Lean ; le projet de Luchino Visconti sur À la Recherche du temps perdu de Proust) ou parce que les productions ont été interrompues et abandonnées (Queen Kelly d'Erich von Stroheim ; I, Claudius de Josef von Sternberg). Certains subsistent dans l'esprit ou les archives de leur créateur [Il viaggio di G. Mastorna de Federico Fellini ; Leningrad de Sergio Leone), ou deviennent des obsessions pures et simples (le film de Stanley Kubrick sur Napoléon Bonaparte).Aucun métrage ne reste de certains de ces titres, mais des notes, des traitements, des scénarios combinés à des storyboards, des scénarios de tournage et même des photographies qui permettent des sondages précieux dans la conception et le développement de ces projets. De grands films non réalisés peuvent en fait apporter des éclairages nouveaux sur leur réalisateur en créant une image plus claire de leurs carrières, leurs motivations et leur vision artistique.Dans le cas de Charlie Chaplin, une distinction doit être faite entre les simples notes pour un projet ou pour un film non tourné. La première catégorie consiste d'habitude en quelques pages (parfois quelques lignes) écrites à la main par Chaplin ou, plus rarement, tapées à la machine. À peu près deux cents pages existent et couvrent une foule d'idées. Excepté Rali Story, où il y a une tentative de scénario mais pas vraiment de scénario, il est assez aisé d'identifier ce qui tombe dans la catégorie des projets oubliés et des films non tournés. La richesse des pages accessibles est une clé évidente, mais le facteur le plus important est quand toutes les phases de la création habituelle de Chaplin sont représentées : notes écrites à la main et tapées, corrigées à la main et puis retapées. Il y a aussi des documents accessoires (extraits de presse ou correspondances entre Chaplin et/ou son frère avec le directeur du studio Alfred Reeves) dans lesquels l'implication de Chaplin dans un projet spécifique, à une certaine époque, est clairement exprimée.Le matériel sur le projet Napoléon consiste en 800 pages environ. Cela inclut des recherches assez poussées sur l'empereur, des scénarios divers, des lettres et câbles, des contrats, des extraits de presse et quelques scénarios pleinement écrits. Développer le personnage de Napoléon, étudier ses habitudes et ses railleries, lire ses Mémoires et voir le reflet de l'impact historique de ses campagnes de guerre, fonctionne clairement pour Chaplin comme préparation pour appréhender la dictature.Même si de vagues idées existaient dans l'esprit de Chaplin depuis quelque temps, les racines de sa fascination pour Napoléon peuvent être retracées jusque dans son enfance, en une association reliée à la mémoire de son père et de sa mère. Comme il l'écrit dans son autobiographie : « J'étais à peine conscient de mon père, et ne me le rappelais pas ayant vécu avec nous. Il était lui aussi un acteur de vaudeville, un homme tranquille, menaçant, avec des yeux noirs. Ma mère disait qu'il ressemblait à Napoléon. » Et dans un autre passage, décrivant l'instinct naturel de sa mère pour le théâtre : « Eüe racontait des anecdotes et les jouait, par exemple un épisode dans la vie de l'empereur Napoléon, se dressant sur ses doigts de pied pour attraper un livre dans la bibliothèque, et étant interrompu par le maréchal Ney (ma mère jouant les deux personnages, mais toujours avec humour). »C'est au début des années 20 que l'intérêt sincère de Chaplin pour Napoléon a commencé à s'affirmer. Pour son premier film pour les Artistes Associés, Chaplin voulait rendre hommage à son actrice de toujours, Edna Purviance (pour laquelle il venait d'écrire et de réaliser, en 1923, L'Opinion publique), dans le rôle vedette de Joséphine, la première épouse de Napoléon : « Plus nous plongions dans la vie de Joséphine, plus nous trouvions Napoléon sur notre chemin. J'étais si fasciné par ce flamboyant génie que le film sur Joséphine s'est dissous, Napoléon se profilant de plus en plus comme un rôle que je pouvais jouer moi-même. » Le personnage était toujours dans ses pensées quand il se déguisa en Napoléon pour une soirée costumée donnée par Marion Davies en 1925. C'était à peu près le même costume qu'il utilisa au début des années 30 pour un essai photographique.Parmi les notes écrites à la main pour My Autobiography, il y a celle-ci : « J'avais des connaissances sur Napoléon, d'une manière assez vague. C'était un grand soldat qui a mal terminé. J'ai vu un almanach, le décrivant disant adieu à ses troupes à Fontainebleau... Sa posture, la main dans son gilet, les yeux tristes perçants, m'avaient plus intéressé que la figure du Christ ». Avec son projet à l'esprit, il offrit successivement le rôle de Joséphine à Lita Grey, puis à Merna Kennedy et, en 1926, à l'actrice et chanteuse espagnole Raquel Meller, mais il fut dissuadé de réaliser le film quand sortit en 1927 la fresque épique monumentale d'Abel Gance, Napoléon.Cependant, un article de 1929 montre un renouveau dans son intérêt pour un « film sur Napoléon ». Publié dans le St. Louis Dispatch, il prouve l'intention évidente et profonde de Chaplin de jouer l'empereur. Là on trouve la vision d'un film aux dimensions considérables, appropriées pour un empereur... du Monde! Là aussi, Chaplin montre des signes d'intérêt dans les aspects humain et comique du personnage : « Un paradis! Il y a de l'humour à travers toute sa vie. Ses efforts pour marier ses frères et soeurs, et neveux, et garder de bonnes relations avec sa mère et son épouse, et entre-temps se plonger dans les combats, fournissait beaucoup de matériel pour un spectacle dramatique. [...] Je le montrerai en chemin vers l'Italie pour se faire couronner roi - montrant cette marche vers le trône avec Joséphine à son côté. Napoléon est plus ou moins pompeux, vous savez. Il aimait bien se montrer. »Enfin, une de ses expériences à transformations était juste au coin de la rue. Au début de 1931, sur les talons de la première mondiale des Lumières de la ville {City Lights), Chaplin mit en place un tour du monde sur 16 mois. Des extraits de son journal de voyage personnel ont été publiés sous le titre A Comedian Sees the World. Le tour contribua de manière significative au développement de sa conscience politique. En Europe, il fut accueilli par des foules énormes, aussi bien que par les membres de la vieille aristocratie, des ambassadeurs, des intellectuels, des scientifiques. Avec eux, il discutait de sujets reliés à la situation politique dans le « Vieux Continent », comme de la production de masse, de la science, et du progrès. Distillés dans les scénarios des Temps modernes {Modern Times), et Le Dictateur {The Great Dictator), ces thèmes étaient au centre du projet Napoléon.Étonnamment, des publicités sur le projet Napoléon apparurent partout dans des journaux ; tant et si bien que Churchill les avait lues. Racontant sa rencontre avec ce dernier à Londres, en février 1931, Chaplin écrivait : « Il m'a dit qu'il avait lu que j'avais un projet de film sur la vie de Napoléon. Vous devez le faire, me dit-il. En dehors de l'aspect dramatique, regardez ses possibilités humoristiques. Napoléon dans sa baignoire discutant avec son frère, impérieux, tout habillé, dans ses galons dorés, et se servant de cette opportunité pour placer Napoléon en position d'infériorité [...]. "Ce n'est pas seulement habile psychologiquement, disait monsieur Churchill, c'est aussi de l'action et drôle". »Sydney, le demi-frère de Charlie, considéré comme son principal conseiller (essentiellement sur les sujets financiers), aborde le sujet Napoléon dans cette lettre écrite en décembre 1932 : «Je pense qu'un film dramatique venant de vous sera un grand succès au boxoffice en ce moment, quand des millions de gens attendent de vous entendre dans des films parlants. [...] Je vous conseillerai d'accentuer l'aspect de la vie privée de Napoléon, parce quelle offre de grandes possibilités avec une bonne comédie humaine, et un aspect de Napoléon, qui me semble-t-il, n'a pas été représenté. Par ailleurs, cela permettra d'économiser beaucoup d'argent, qui serait autrement requis dans la description spectaculaire de l'aspect militaire de cette période de Napoléon. »Aussi durant ce tour du monde, Chaplin rendit visite à Jean de Limur, assistant de production de L'Opinion publique, qui lui fit connaître le roman de Pierre Véber, publié en 1925, La Seconde Vie de Napoléon Fr, dont il fit plusieurs adaptations, l'une d'entre elles étant proposée aux Chaplin Studios. Le traitement du roman de Véber par Limur fournit à Chaplin la colonne vertébrale essentielle de son histoire : « Napoléon s'enfuit de Sainte-Hélène avec l'aide d'une doublure, qui a sacrifié sa vie pour que l'Empereur puisse retourner à Paris et détrône le roi, par un coup d'Etat... A la fin on découvre que l'histoire n'est rien d'autre qu'un cauchemar de Napoléon à Sainte Hélène. »En 1932, Chaplin demanda à l'aspirant journaliste Alistair Cooke de l'aider dans la recherche historique pour le scénario. Cookc était un étudiant diplômé de 25 ans, qui vivait aux ÉtatsUnis grâce à une bourse d'un fonds du Commonwealth. L'abondance des notes dans la Chaplin Archive prouve l'implication de Cooke, qui fournissait à Chaplin des descriptions des événements historiques et des rapports sur les habitudes quotidiennes de l'empereur, aussi bien que les détails de son appartement à Sainte-Hélène. Avec les notes d'Alistair Cooke, Chaplin fut capable de ficeler le scénario. Dans une version, il décrit Napoléon étudiant l'atlas du monde avec « rapacité ». Il entre également dans les menus détails du quotidien de l'Empereur. « Il se rasait devant la fenêtre ; le premier valet de chambre lui tendait le rasoir et le bol, le deuxième valet lui présentait le miroir ; ce deuxième valet lui signalait les endroits qu'il n'avait pas rasé. Après avoir rasé une joue, le même système était inversé pour l'autre joue. » Cette situation de comédie avec un valet de chambre, nous la voyons transposée (et avec beaucoup d'efficacité) dans Le Dictateur.Entre-temps, durant la production des Temps modernes, Chaplin commença à écrire sa propre adaptation du roman de Véber avec John Strachey, connu des deux côtés de l'Atlantique pour ses écrits sur le socialisme et les activités antifascistes. Quoique les rapports de production des Temps modernes ne montrent aucune trace de Chaplin travaillant sur Napoléon ou sur sa collaboration avec Strachey, la correspondance du studio fournit une description complète de chaque étape, avec une note de deux pages d'un Strachey tout excité, datée de juin 1935, sur sa collaboration avec Chaplin, sur quoi ils discutaient « cette nuit de février ». Strachey lui envoya ensuite « un scénario plus ou moins complet du dialogue proposé ». « Comme vous pourrez le voir, je n'ai pas cherché à déterminer exactement l'action, ou le travail des personnages quand le dialogue se déroule - parce que je suis sûr que vous serez une centaine de fois bien meilleur à faire cela [...]. Comment se passe la Mass Production ? J'y pense souvent. Je suis sûr que cela sera la plus grande chose que vous ayez faite. » Selon les rapports de production de la Chaplin Archive, c'est la première et seule fois que Chaplin s'est embarqué sur un projet parallèle alors qu'il tourne un film. Cela souligne l'importance de Napoléon pour lui, et le fait que, même avec un scénario dialogué écrit pour Les Temps modernes, il avait un autre projet qui pourrait bien être son film entièrement parlant.La correspondance à propos du projet Napoléon entre Sydney Chaplin et Alfred Reeves (directeur général de Chaplin Film Corporation) est aussi une source capitale. Le 1" juillet 1935, Reeves mentionne à Sydney Chaplin l'intérêt d'acquérir les droits de l'adaptation de Véber par Jean de Limur à un prix raisonnable. En novembre, il mentionne les projets de Charlie de réaliser deux films l'année suivante : « Le premier film sera probablement l'histoire de Napoléon d'après les scénarios dont vous avez acquis les droits. Il est très intéressé par l'idée contenue dans ce scénario [...]. Je crois que c'est son intention d'interpréter Napoléon et il y a un bon rôle pour Paulette comme la fille qui rêve romantiquement de lui. »À peu près à cette époque, les magazines annoncent une fois de plus un film sur Napoléon. Deux pages de Modem Screen suggèrent que Chaplin souffre d'un complexe napoléonien. Le 15 février 1936, le premier numéro du magazine de cinéma indien Les Lumières de la ville, publié à Bombay, rend hommage en couverture à Chaplin et à son nouveau film. À l'intérieur, la critique du film Paramount Les Trois Lanciers du Bengale (The Lives of a Bengal Lancer) saisit l'époque, et rapproche plus que jamais Hitler et Charlie Chaplin. En page 5, le commentateur suggère que Chaplin a peut-être décidé de faire revivre Napoléon dans une perspective pacifiste, inspiré par « factuelle impasse de la Ligue des Nations qui a tout essayé sauf la guerre pour empêcher la guerre ». C'est suivi par une page entière consacrée à Chaplin parlant de Napoléon. L'histoire, même présentée comme un reprint, est maintenant officielle. Chaplin annonce ce rôle tragique comme son premier film parlant et souligne quelques ingrédients qui deviendront fondamentaux dans le scénario du Dictateur : l'idée d'un « double », de « la paix contre la violence », et le désir de diffuser « des idées pacifistes ».Selon les propres paroles de Chaplin et grâce aux copies sauvées de ses scénarios, nous savons que Napoléon n'aurait pas été seulement le premier film parlant de Chaplin, mais aussi le premier film ouvertement « politique humaniste » et un support pour exprimer ce que Chaplin avait ressenti lors de sa tournée européenne, l'effondrement prochain de l'économie et la guerre.Dans le dialogue suivant pour « Napoléon, le pacifiste », Chaplin s'inspire de son « Idées pour les réparations de guerre » et de son expérience en Europe, et il désigne ce qu'il va plus tard livré aux troupes « tomaniennes » : « Le jour de la guerre et de l'agression sera une chose du passé. Nous pouvons accomplir davantage par des traités, par l'amitié, une compréhension commerciale. La révolution future... aura à voir avec les finances et pas avec les armements - des mots nouveaux, des expressions nouvelles, des termes comme socialisme, l'état futur du monde. »« Les gouvernements et les constitutions sont passés de mode, obsolètes, la science mécanique avance avec nous, les bateaux à vapeur, les chemins de fer, les barges en acier, toutes ces choses annoncent la révolution, et nous devons nous préparer pour le futur. L'homme du futur ne sera pas un guerrier, il sera un scientifique. Les futurs gouvernements réaliseront que les religions et les principes moraux sont des problèmes pour l'individu [...]. L'Homme d'État du futur sera le comptable de la Nation, pas un propagateur de principes moraux. »Le rôle principal de Paulette Goddard, la jeune Hannah du Dictateur, reprend l'esprit de la jeune Elaine dans le Historical Fantasy de Chaplin et Strachey. Quand un Napoléon déguisé, maintenant le professeur d'histoire d'Elaine, parle de la cruauté des guerres et des « atrocités du criminel Bonaparte », le personnage de Napoléon ouvre la voie à la propre vision de Chaplin. Comme le barbier juif du ghetto dans Le Dictateur, un mouvement précisément commenté par les critiques de cinéma comme étant « hors personnage ». Chaplin défendait sa liberté artistique dans le New York Times, proclamant : « De quoi s'agit-il ? Peut-être ne devrais-je pas être excusé pour avoir terminé ma comédie sur une note qui réfléchit, honnêtement et radicalement, le monde dans lequel nous vivons, et n'aurais-je pas dû être excusé en plaidant pour un monde meilleur ? Je vous rappelle que c'est adressé aux soldats, les grandes victimes de la dictature. »Bien qu'Alfred Reeves ait signé les droits du roman de Pierre Veber en mai 1936, et que Chaplin n'ait annoncé le projet Napoléon que trois mois auparavant, un des premiers signes de la dernière hésitation de Chaplin sur le projet se trouve dans une lettre écrite par Reeves à Sydney Chaplin et datée du 21 février : « Quand John Stracey était là pour une tournée de conférences, Charlie lui a parlé de l'histoire de Napoléon et il lui a envoyé quelques dialogues, qui semblaient très bons. Je ne sais pas s'il va utiliser cela, mais il dit bien qu'il va faire un film parlant pour Paulette quand ils reviendront, et après, peut-être un autre film pour lui-même, mais bien sûr, vous le savez, il n'y a rien de définitif. »Ensuite, dans une lettre à Reeves du 3 mai 1936, Sydney exprime ce qu'il pense de son frère qui s'attarde sur le projet, et sur le fait qu'il prend trop de temps entre les films. Aussi, dans son rôle habituel de « commentateur européen », Sydney raconte le début d'une pièce à Londres : « En plus de la pièce londonienne, j'ai lu qu'une société à Paris est sur le point de faire un film napoléonien appuyé sur sa vie à SainteHélène, et il y a cent chances sur une que la pièce de Londres devienne un film, il va donc y avoir de la compétition pour Charlie. »Les préoccupations de Sydney sont partagées par Reeves, dans une lettre du 18 mai, bien que Reeves semble plus concerné par les implications de propagande qu'un film sur Napoléon pourrait avoir : « Je crois comme vous, qu'il devrait s'occuper d'une autre comédie de son cru... un film purement comique - un film qui ne pourrait pas être interprété comme étant de la propagande de quelque sorte que ce soit, comme cela a été dans Les Temps modernes. »Ultérieurement, il était clair que Chaplin était prêt à faire une déclaration politique imprudente avec son prochain film et donner libre cours (littérairement et métaphoriquement) à son personnage. Les éléments de comédie de Napoléon, l'expédient narratif de la fausse identité et, plus important, le message pacifiste ont été maintenus et ont amené la construction du Dictateur. Le projet Napoléon fut abandonné durant l'été 1936, quand Chaplin est revenu chez lui après un voyage de quatre mois en Asie du Sud-Est avec Paulette Goddard. La lettre non datée de Chaplin à John Strachey semble conclure l'affaire Napoléon : « Mon cher Strachey, la raison pour laquelle je ne vous ai pas écrit plus tôt était que, durant mes dernières vacances en Orient, j'ai voulu aller à Londres où je pensais vous voir, mais des affaires urgentes ont surgi quand j'étais au Japon et j'ai été obligé de revenir directement à Hollywood. Depuis, j'ai hésité avec l'idée de faire le Napoléon, mais j'ai différé ce projet pour un temps, afin de faire un film pour Paulette... »Quatre ans plus tard, pendant une conférence de presse pour Le Dictateur, Chaplin rappelait son obsession antérieure, disant à un journaliste : « Chaque acteur a un désir de jouer Napoléon. C'est fini. J'ai joué Napoléon et Hitler et le fou de tsar Paul, tous ensemble dans un même rôle. »* Traduit de l'anglais par Hubert Niogret.CECILIA CENCIARELLI*